Revenu Fixe   |   16 janvier 2020

De cause à effet

Jean-Guy Mérette
Vice-président et gestionnaire de portefeuille Gestion active et stratégique revenu fixe

Depuis le début de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, nous avons été témoin d’une corrélation croissante entre les taux des bons du Trésor américain et le yuan chinois. Ce n’est pas si surprenant que cela, car lorsque le conflit s’intensifiait et que Washington adoptait une position plus dure, la Banque populaire de Chine dépréciait sa monnaie afin de stimuler les exportations et l’économie du pays. Dans un même temps, les investisseurs, craignant un ralentissement économique, se sont réfugiés dans des actifs tels que les bons du Trésor américain, faisant baisser les taux d’intérêt.

Avec l’accord de la phase 1 officiellement sur papier, le yuan chinois est revenu au niveau où il était avant que la guerre commerciale n’atteigne son point culminant en août. En effet, le 15 janvier, la PBC a fixé la monnaie à 6,8845 USD/CNY (0,14525 CNY/USD), son plus fort depuis la fin juillet de l’année dernière. Pourtant, le taux américain à 10 ans n’a montré qu’une légère tendance haussière au cours des deux derniers mois, car les investisseurs continuent d’anticiper, à 85 % de chances, que la Fed procèdera à au moins une coupure de son taux directeur d’ici la fin de 2020. Nous ne disons pas qu’il y a une relation de cause à effet entre le yuan et les taux du Trésor américain, mais nous croyons que les investisseurs obligataires n’ont pas fait preuve d’assez d’optimisme à l’égard de l’accord commercial jusqu’à maintenant et, par conséquent, que les taux d’intérêt aux États-Unis sont encore trop bas.

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