Marchés   |   24 mars 2020

Le risque de récession est en hausse

La crise résultant de la COVID-19 est devenue de plus en plus auto-réalisatrice, les efforts du gouvernement pour contenir le virus limitant l’activité économique et les individus s’auto-isolant en réponse à la pandémie à propagation rapide, a remis en question nos perspectives de croissance mondiale.

Candice Bangsund
Vice-présidente et gestionnaire de portefeuille, Répartition globale de l'actif

Nous avons malheureusement sous-estimé l’étendue et l’ampleur de l’épidémie alors qu’elle se propage de manière agressive à travers le monde, ainsi que le coup brutal et sans précédent sur l’activité économique mondiale qui l’accompagne.

Comme en témoigne l’ensemble de l’Asie, il faut assumer de grandes difficultés économiques pour garantir la maîtrise du virus. Nous vivons actuellement ce même compromis en Europe et en Amérique du Nord. Alors que l’expérience en Asie nous porte à croire que la propagation du COVID dans le monde développé peut en effet être contenue, le risque demeure que l’épidémie dure plus longtemps que prévu et déclenche un ralentissement économique prononcé qui se prolongera jusqu’en 2021. De plus, l’hypothèse d’un retour à un environnement économique normal repose sur deux éléments: un médicament existant se révélera efficace (2 à 4 mois) ou un nouveau vaccin est approuvé (12 à 18 mois), ce dernier prolongeant la forte contraction jusqu’au milieu de 2021 jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible.

Avec le peu de visibilité que nous avons sur la progression du coronavirus OU avec la perspective d’un traitement / vaccin pour endiguer la pandémie, nous avons augmenté la probabilité d’une récession mondiale à 50 % et avons adopté une position neutre sur les actions du point de vue de l’allocation d’actifs. Étant donné que les récentes fluctuations du marché ont plus ou moins rapprochées nos portefeuilles de ces objectifs, nous nous abstiendrons pour le moment de rééquilibrer activement les portefeuilles. Compte tenu des niveaux extrêmes de volatilité et d’illiquidité sur le marché, le seuil de rééquilibrage devrait être plus large que d’habitude – même si nous chercherons à nous adapter à l’environnement lorsque que nous aurons plus de clarté sur l’évolution de la COVID-19.