Marchés   |   19 mars 2020

Mise-à-jour du chef des placements global

L’idée d’un ennemi invisible qui se répand facilement et dont le taux de mortalité n’est pas négligeable donne des frissons à la plupart des gens. La COVID-19 a été une telle ennemie et est en train de ralentir l’économie mondiale avec la population qui se cache. Nous n’avons jamais assisté à une urgence sanitaire mondiale de cette ampleur depuis la pandémie de la grippe espagnole en 1918.

La situation financière à laquelle nous sommes confrontés présente des éléments similaires au krach de 1987, aux retombées économiques de 1998 résultant de l’échec de Long Term Capital Management (LTCM), aux attaques terroristes du 11 septembre 2001 et à la crise financière mondiale de 2008. Tout comme le krach de 1987, les marchés boursiers chutent à un rythme effréné. En 1987, les régimes d’assurance de portefeuille ont alimenté le feu de la crise et aujourd’hui, les approches de parité des risques et de volatilité constante agissent de la même manière en réduisant les positions à mesure que la volatilité augmente. Tout comme les retombées de la crise de LTCM en 1998, les fonds à haut levier sont contraints de vendre dans un marché illiquide. Comme le 11 septembre, l’ennemi est inconnu et engendre la peur et l’incertitude avec les gens qui ont peur de voyager. Comme en 2008, les marchés sont gelés et la liquidité est très limitée parce que de bons collatéraux font défaut dans un environnement de peur, d’incertitude et de menaces pour la solvabilité.

Nous pouvons être optimistes et penser que les effets du virus passeront et que la vie reviendra à la normale à un moment donné. La question clé est de savoir quand. La société chinoise semblent être sur la voie de la normalité après un arrêt économique complet de 6 semaines. Il y a de fortes chances que ce soit plus long pour le reste du monde, mais peut-être pas significativement plus long.

Nous pouvons également être optimistes quant au fait que les autorités ont appris à réduire l’impact des crises comme celles de 1987, 1998, 2001 et 2008 grâce à des banques centrales qui agissent rapidement et fournissent des liquidités. L’aspect de la solvabilité, similaire à celui de 2008, est ce qui maintient les marchés du crédit gelés. Nous voyons les premiers signes de plans fiscaux visant à combler temporairement le déficit de flux de trésorerie dû à l’inactivité de l’économie afin de réduire les risques de solvabilité. Cela ne peut être que temporaire et a ses limites. La question clé qui reste est de savoir combien de temps l’inactivité sera nécessaire pour enrayer la propagation ou bien quand trouverons-nous un remède adéquat pour que les gens aient suffisamment confiance pour reprendre le travail et pour que la société revienne à la normale.

Les marchés semblent actuellement évaluer un ralentissement de l’économie. Les répercussions à moyen terme sont difficiles à évaluer, mais nous devons rester confiants dans le fait que la machine économique est peut-être en panne, mais pas encore au point mort.

Pour l’instant, nous ne modifions pas notre position tactique en matière de répartition des actifs car l’incertitude règne et le coût des transactions est excessif, mais nous chercherons à nous adapter à l’environnement au fur et à mesure que les événements se produisent.

François Bourdon, FCIA, FSA, CFA, PRM
Chef des placements global
Fiera Capital Corporation