Revenu Fixe   |   19 décembre 2019

MuniciPolitique

Jean-Guy Mérette
Vice-président et gestionnaire de portefeuille Gestion active et stratégique revenu fixe

Il pourrait surprendre certains investisseurs obligataires que les municipalités québécoises ne puissent pas enregistrer de déficits et qu’elles n’émettent généralement de la dette que dans seulement deux scénarios :

1- Refinancer la dette existante

2- Financer des projets d’infrastructure pour améliorer les services à sa population.

À la fin de 2015, le Parti libéral a été élu avec un plan visant à presque doubler les investissements fédéraux dans les infrastructures au cours de la décennie suivante. « Chaque dollar que nous consacrons à l’infrastructure publique fait croître notre économie, crée des emplois et renforce nos villes, » a déclaré Justin Trudeau durant sa campagne électorale de 2015. Cet engagement était particulièrement important pour le marché des obligations municipales du Québec, car l’argent du gouvernement ne couvrait que partiellement ces nouveaux projets d’infrastructures et les municipalités ont dû émettre de la dette pour couvrir le reste des coûts. Par conséquent, le total des émissions d’obligations municipales du Québec a augmenté chaque année depuis 2017.

Il y a un vieux dicton dans le monde obligataire : « L’offre crée la demande. » C’est exactement ce qui s’est produit en 2019 pour les obligations municipales du Québec. Les émissions totales ont atteint un sommet sans précédent de 3,7 milliards de dollars alors que les investisseurs avides de cette dette ont fait baisser considérablement les écarts sur les obligations provinciales. Grâce à l’augmentation des émissions, la liquidité a été supérieure cette année à celle des dernières années, ce qui a permis une allocation tactique des portefeuilles obligataires. Nous avons été particulièrement actifs avec les obligations municipales non cotées du Québec, augmentant stratégiquement nos positions au premier trimestre à des écarts plus larges et encaissant les profits au troisième trimestre tout en réinvestissant toutes nos échéances. Nous ne sommes pas ici pour parler de politique, mais la récente victoire du Parti libéral pourrait être bénéfique pour les obligations municipales du Québec pour l’avenir.

Jean-Guy Mérette

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Gestion active et stratégique revenu fixe

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